L’effet de l’alimentation avant le transport, des véhicules utilisés et de la durée de transport sur l’état physiologique des jeunes veaux
Cette étude visait à étudier les effets du régime alimentaire avant le transport (lait d’élevage vs. électrolytes), du type de véhicule (camion ouvert vs. aménagé) et de la durée du transport (6 vs. 18 h) sur l’état physiologique des jeunes veaux à leur arrivée à l’élevage.
Au total, 368 veaux ont été transportés en deux lots consécutifs d’un centre de collecte à une ferme d’élevage de veaux.
Des échantillons de sang ont été prélevés sur les veaux avant le transport, immédiatement après le transport (T0), et 4, 24 et 48 h, et 1, 3 et 5 semaines après le transport. Ont été mesurés les taux sanguins de glucose, urée, lactate, acides gras non estérifiés (AGNE), β-hydroxybutyrate (BHB), créatine kinase, albumine, protéines totales, osmolalité, calcium, sodium, magnésium et variables hématologiques. Le poids corporel, la température rectale et l’élasticité de la peau ont été déterminés avant et immédiatement après le transport. Les concentrations de glucose sanguin, d’acides gras non saturés et d’urée à T0 ont montré une interaction entre le régime alimentaire avant le transport et la durée du transport. Les veaux nourris au lait et aux électrolytes transportés pendant 18 heures ne présentaient pas de différence significative en termes de concentration de glucose dans le plasma ou de concentrations sériques d’AGNE. Cependant, après 6 heures de transport, les veaux nourris au lait présentaient des concentrations plasmatiques de glucose plus élevées et des concentrations sériques d’AGNE plus faibles (4,71 mmol/L et 586,5 µmol/L, respectivement) que les veaux nourris aux électrolytes (3,56 mmol/L et 916 µmol/L, respectivement). Après 18 heures de transport, les veaux nourris au lait présentaient des concentrations d’urée plus faibles (5,40 mmol/L) que les veaux nourris avec des électrolytes (7,38 mmol/L). En outre, à T0, après 6 h de transport, les veaux nourris au lait ont pris du poids (Δ = 0,41 kg), alors que les veaux nourris à l’électrolyte ont perdu du poids (Δ = -0,16 kg). Après 18 h de transport, les veaux nourris au lait et aux électrolytes ont tous deux perdu du poids (Δ = -0,67 et -0,74 kg, respectivement). Le type de véhicule avait une influence limitée sur les paramètres sanguins. Les concentrations d’AGNE et de BHB ont atteint les valeurs maximales à T0, puis ont diminué jusqu’à la cinquième semaine suivant le transport. L’augmentation des concentrations de NEFA et de BHB entre la période précédant le transport et la période suivant le transport (T0) était moins prononcée chez les veaux transportés pendant 6 heures (746,1 µmol/L et 0,38 mmol/L, respectivement) que chez les veaux transportés pendant 18 heures (850,6 µmol/L et 0,50 mmol/L).
Dans l’ensemble, le taux de récupération des veaux à l’élevage de veaux semble rapide ; tous les paramètres sanguins sont revenus à des valeurs (inférieures) avant le transport dans les 48 h suivant le transport.
Nous avons conclu que l’alimentation en lait avant le transport à court terme aide les jeunes veaux de boucherie à faire face au transport, alors que ce n’est pas le cas pendant le transport à long terme.
Source Centre National de Référence pour le bien-être animal
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