La viande est bien plus efficace que les végétaux pour synthétiser des protéines musculaires (TRADUCTION)
Prises isolément les protéines végétales présentent de moindres propriétés anabolisantes (construction des tissus) que leurs homologues animales. Il pourrait toutefois exister un effet matrice gommant cet écart de performances. Une hypothèse non confirmée puisqu’aucune étude n’avait comparé jusqu’à présent la réponse anabolique après l’ingestion d’un repas omnivore par rapport à un repas végétalien. Et que vient de réfuter cet essai randomisé qui montre que l’ingestion d’un repas omnivore contenant de la viande de bœuf entraîne des taux de synthèse postprandiale de protéines musculaires pratiquement deux fois plus élevés qu’avec un repas végétal iso-azoté et isocalorique chez les adultes âgés en bonne santé.
Les protéines d’origine végétale sont considérées comme ayant de moindres propriétés anabolisantes (construction des tissus) que leurs homologues animales. Cependant, les propriétés anaboliques des protéines isolées ne reflètent pas nécessairement la réponse anabolique à l’ingestion d’aliments complets. La présence ou l’absence des différents composants qui constituent la matrice alimentaire peut avoir un impact important sur la digestion des protéines et l’absorption des acides aminés et, par conséquent, moduler les taux de synthèse des protéines musculaires post-prandiales. Jusqu’à présent, aucune étude n’avait cependant comparé la réponse anabolique après l’ingestion d’un repas omnivore par rapport à un repas végétalien. Ce qu’a réalisé ici une équipe hollandaise.
Un essai croisé et randomisé sur 16 personnes âgées en bonne santé
Dans le cadre d’une étude randomisée, équilibrée et croisée, les chercheurs ont comparé les taux de synthèse de protéines musculaires après l’ingestion d’un repas complet contenant 100 g de bœuf haché maigre par rapport à un repas complet végétal, iso-azoté et isocalorique, chez 16 adultes en bonne santé, âgés de 65 à 85 ans (8 hommes et 8 femmes), soumis à deux jours de test. Un jour, les participants ont consommé un repas omnivore contenant du bœuf comme principale source de protéines (0,45 g de protéines/kg de poids corporel). L’autre jour, les participants ont consommé un repas contenant uniquement des aliments d’origine végétale non transformés. Les profils d’acides aminés plasmatiques post-prandiaux et les taux de synthèse des protéines musculaires ont été évalués sur des biopsies sanguines et musculaires fréquemment prélevées pendant 6 heures.
Pendant les 6 heures suivant la consommation de bœuf, les concentrations plasmatiques d’acides aminés essentiels augmentaient davantage qu’après le repas végétal (aire sous la courbe 87±37 vs 38±54 mmol/l respectivement ; P-interaction<0.01). En outre, la consommation de viande entraînait des taux de synthèse post-prandiale de protéines musculaires plus élevés d’environ 47 % par rapport à la consommation du repas végétal (0,052 ± 0,023 et 0,035 ± 0,021 %/h, respectivement ; P=0.037). L’ingestion d’un repas omnivore contenant de la viande de bœuf entraîne donc des taux de synthèse postprandiale de protéines musculaires plus élevés que l’ingestion d’un repas végétal iso-azoté et isocalorique chez les adultes âgés en bonne santé.
Référence : Pinckaers PJ, et al. Higher Muscle Protein Synthesis Rates Following Ingestion of an Omnivorous Meal Compared with an Isocaloric and Isonitrogenous Vegan Meal in Healthy, Older Adults. J Nutr. 2023 Nov 15: S0022-3166(23)72723-5.
Source : The Journal of nutrition
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