Le pâturage des bovins n’a pas d’impact sur l’intégrité des forêts de chênes des Pyrénées (TRADUCTION)
Alors que le rôle du bétail dans la préservation des habitats forestiers fait débat, une étude menée en Espagne, dans les Pyrénées Atlantiques, apporte des éléments de réponse. L’analyse de l’impact du pâturage sur les forêts de chênes conclut à une activité sylvopastorale durable, sans effet négatif sur la diversité végétale ou le couvert forestier.
La combinaison de l’exploitation forestière, du brûlage et de l’élevage a été le principal moteur de la durabilité des paysages européens pendant des milliers d’années. La question de savoir si le bétail peut ou non préserver ces habitats fait l’objet d’un débat lorsque le pâturage extensif du bétail est maintenu en sous-étage dans des forêts de grande valeur environnementale qui, à leur tour, sont affectées par le réchauffement climatique.
Dans ce travail, l’impact du bétail sur la diversité, la couverture arbustive et la production primaire du chêne des Pyrénées Atlantiques (Quercus pyrenaica Willd.) dans le nord de l’Espagne a été évalué. Les chercheurs ont étudié les habitudes alimentaires du bétail en utilisant l’analyse micro-histologique de la cuticule fécale dans des échantillons de bouse. Ensuite, les effets du pâturage des bovins sur la couverture et la diversité alpha des plantes ligneuses ont été évalués. Enfin, la production primaire et la phénologie des chênes dans les zones pâturées et les zones témoins ont été comparées.
Les résultats montrent que les bovins se nourrissent de ligneux (en moyenne 30 % de ligneux non légumineux) et d’espèces végétales annuelles (plus de 20 % de plantes herbacées), mais n’affectent ni le couvert végétal ni la diversité alpha de la végétation. Cependant, la phénologie des chênes s’avérait différente entre les zones pâturées et non pâturées, probablement en raison de la variabilité spatiale des forêts pâturées. Les chercheurs en concluent que le pâturage du sous-étage dans les forêts de chênes des Pyrénées peut être considéré comme une activité sylvopastorale durable ayant un impact neutre sur l’intégrité de la forêt.
Référence : Bartolomé J, Amat AC, Rubines J, Sesma J, López-Garrido O, Ibáñez M, Hernández-Castellano C, Lavín S, Gort-Esteve A, Hernández-Rodríguez A, et al. Neutral Impact of Cattle Grazing in Pyrenean Oak Forests Integrity. Sustainability. 2024; 16(24):10939 (PDF disponible en libre accès)
Source : Sustainability
À voir aussi
-
Environnement24 mars 2025
Le stress thermique a un impact significatif sur les émissions de méthane des bovins (TRADUCTION)
Cette étude montre que le stress thermique induit par le réchauffement climatique peut augmenter l'intensité des émissions de méthane entérique des bovins de 0,8 à 6,6 % selon les scénarios. Afin de contrer ce cercle vicieux, il est donc urgent d’inclure des stratégies d'atténuation du stress thermique à la gestion des troupeaux dans une démarche… -
Environnement24 mars 2025
Réchauffement climatique : 8,5 W/m² économisés grâce à l’albédo des prairies
L’albédo est la quantité de rayonnement solaire réfléchie par une surface. Peu connu du grand public, il s'impose aujourd’hui comme un levier contre le réchauffement climatique, au même titre que le stockage du carbone des prairies. Un document de l’Institut de l’élevage (Idele) résume les principaux résultats d’une étude montrant ainsi l’effet « refroidissant » de la… -
Environnement24 mars 2025
Tarification des émissions de GES en France : une approche sectorielle inégale
Une publication du Commissariat général au développement durable (CGDD) analyse la tarification effective des émissions de gaz à effet de serre (GES) en France, révélant des disparités significatives entre les secteurs. Il souligne que les émissions liées à la consommation d'énergie sont tarifées plus fortement que celles d'origine non énergétique. Ainsi, l'agriculture affiche la tarification…