Le stress thermique a un impact significatif sur les émissions de méthane des bovins (TRADUCTION)

Cette étude montre que le stress thermique induit par le réchauffement climatique peut augmenter l’intensité des émissions de méthane entérique des bovins de 0,8 à 6,6 % selon les scénarios. Afin de contrer ce cercle vicieux, il est donc urgent d’inclure des stratégies d’atténuation du stress thermique à la gestion des troupeaux dans une démarche One Health/One Welfare, afin de protéger non seulement le bien-être animal mais aussi l’environnement.

Compte tenu du réchauffement climatique, le stress thermique dans les troupeaux est de plus en plus préoccupant. En cas de stress thermique, les bovins voient leur productivité et leur bien-être compromis en raison de la réduction de la consommation d’aliments, de la baisse des performances reproductives et de l’augmentation générale du risque de problèmes de santé. Ces effets et leurs interactions sont complexes et généralement quantifiés séparément, ce qui ne permet pas d’avoir une compréhension globale des performances du troupeau. En outre, la dégradation du bien-être et de la productivité des animaux peut avoir un impact sur les émissions de méthane entérique (CH4), mais ces effets ont rarement été évalués. Cette étude a ainsi effectué une simulation de troupeau visant à modéliser l’impact du stress thermique sur la production laitière et l’émission de CH4 entérique.

Dix scénarios (y compris la ligne de base) ont été simulés dans un troupeau danois conventionnel à haut rendement en incorporant différentes combinaisons d’effets du stress thermique sur la production laitière, la reproduction et la santé pour différentes durées d’exposition (1, 2 et 4 mois). Des analyses de sensibilité ont également été effectuées pour tenir compte des effets des différents taux de réduction de l’efficacité alimentaire. Les résultats montrent que le stress thermique augmente l’intensité du CH4 entérique au niveau du troupeau de 0,8 à 6,6 % dans les 9 scénarios par rapport au scénario de base. Lorsqu’une réduction de l’efficacité alimentaire de 19,2 % a été supposée, l’intensité du CH4 au niveau du troupeau a augmenté jusqu’à 4,4 % pendant 2 mois. Ces résultats montrent les impacts importants du stress thermique sur les émissions de CH4 et suggèrent la nécessité de mettre en œuvre des stratégies d’atténuation du stress thermique dans la gestion des troupeaux.

Référence : Chen L, Thorup VM, Østergaard S. Modeling the effects of heat stress on production and enteric methane emission in high-yielding dairy herds. J Dairy Sci. 2025 Jan 6:S0022-0302(24)01434-6 (PDF en lmibre accès)

Source : Journal of Dairy Science

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