Moins de vitamine B12, plus d’adiposité et un foie en mauvaise santé (TRADUCTION)
La vitamine B12, dont les apports chez l’Homme proviennent presque exclusivement des aliments d’origine animale, est essentielle à de nombreux mécanismes métaboliques. Cette étude transversale monocentrique italienne en livre une preuve supplémentaire, en montrant qu’au sein d’une population de 601 enfants, adolescents et jeunes adultes de faibles taux de vitamine B12 étaient associés à un poids corporel plus élevé, à davantage d’adiposité et à une santé métabolique moins bonne.
La vitamine B12 (ou cobalamine) est une vitamine essentielle à la synthèse de l’ADN, au métabolisme des acides gras et des protéines, ainsi qu’à d’autres voies métaboliques fondamentales au maintien de l’intégrité des cellules et des tissus chez l’Homme. Elle provient de l’alimentation et est principalement stockée dans le foie. Sa carence a été associée à des troubles métaboliques, à savoir l’obésité, l’intolérance au glucose, l’augmentation de la lipogenèse et certaines maladies hépatiques, telles que la maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD, ex-stéatose hépatique non alcoolique) et la stéatohépatite (MASH).
Une étude transversale monocentrique sur 601 patients
Cette étude transversale monocentrique visait à décrire l’association entre la vitamine B12 sérique totale et l’indice de masse corporelle (IMC) dans une large population d’enfants, d’adolescents et de jeunes adultes couvrant l’ensemble du spectre d’IMC, de l’insuffisance pondérale à l’obésité sévère. Les auteurs ont également examiné les associations avec l’adiposité viscérale, le métabolisme du glucose et des lipides et le dysfonctionnement du foie. Une étude a été menée dans les unités de pédiatrie et d’endocrinologie de l’hôpital pour enfants Bambino Gesù à Rome (Italie), un établissement de référence tertiaire pour les troubles de l’alimentation, où 601 patients âgés de 5 à 25 ans ont été recrutés. Les données anthropométriques, auxologiques, cliniques, biochimiques et échographiques du foie ont été analysées à l’aide d’approches statistiques, et ces analyses ajustées pour tenir compte des facteurs de confusion potentiels.
Un faible taux de B12 associé à un IMC plus élevé
Une réduction des taux sériques de B12 totale était associée à une augmentation linéaire du poids corporel, tel qu’exprimé par l’IMC (r = -0,31, p < 0,001). Des niveaux plus faibles de B12 étaient associés à un tour de taille plus élevé, mais uniquement chez les filles pubères (r = -0,33, p = 0,008). La résistance hépatique à l’insuline était plus élevée chez les hommes ayant des taux de B12 plus faibles (B = -0,003, p = 0,039), mais pas chez les femmes, alors que la résistance à l’insuline n’était pas affectée. Les profils lipidiques sériques (cholestérol total, HDL, LDL et triglycérides) n’ont pas été influencés par les niveaux de cobalamine sérique. Cependant, des niveaux plus faibles de cobalamine ont été associés à un degré plus élevé de stéatose hépatique mesurée par échographie (p = 0,035). Enfin, les taux de transaminases (AST et ALT) ont montré une corrélation significative et directe avec les niveaux totaux de B12 chez les sujets en sous poids (r = 0,22 et 0,24, p = 0,002 et <0,001, respectivement) et sévèrement obèses (r = 0,24 et 0,32, p = 0,002 et <0,001).
Référence : Aureli A, Recupero R, Mariani M, Manco M, Carlomagno F, Bocchini S, Nicodemo M, Marchili MR, Cianfarani S, Cappa M, Fintini D. Low Levels of Serum Total Vitamin B12 Are Associated with Worse Metabolic Phenotype in a Large Population of Children, Adolescents and Young Adults, from Underweight to Severe Obesity. Int J Mol Sci. 2023 Nov 22;24(23):16588 (PDF en libre accès)
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